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Maroc : Bilan de l’année 2011
Global Arab Network - - Rabih Serrai
Sunday, 08 January 2012 23:20
morocco_business
Global Arab Network - L’économie marocaine a continué à afficher de bons résultats au troisième trimestre 2011, avec une croissance légèrement moins soutenue qu’aux trimestres précédents mais dépassant tout de même de loin ses voisins européens au nord. L’inflation s’est également établie à un niveau très bas ces derniers mois.

Le Fonds Monétaire International (FMI) a prévu une poursuite de l’expansion économique du pays en 2012, avec un taux de croissance du PIB qui pourrait atteindre 6% à moyen terme. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), qui dispose de la pluralité dans le nouveau gouvernement de coalition, vise quant à lui une croissance de 7%. Parmi ses défis pour 2012, le gouvernement va devoir tenter de réduire le coût des subventions et le déficit budgétaire (ce que le PJD se propose de faire notamment en élargissant l’assiette fiscale) tout en maintenant la croissance malgré les problèmes économiques que rencontre l’UE, son plus important partenaire commercial.

Selon le Haut commissariat au plan du Maroc (HCP), le taux de croissance au troisième trimestre 2011 était de 4,1%, accusant une légère baisse par rapport au premier et deuxième trimestre, où la croissance atteignait respectivement les taux de 4,9% et de 4,2%. Cette baisse reflète le ralentissement des activités non agricoles qui, d’après les estimations du HCP seraient passées de 4,7% au premier trimestre à 4, 2% aux deux trimestres suivants, particulièrement dans les secteurs miniers et touristiques.

Le secteur du BTP montre également quelques signes d’essoufflement et on pourrait s’attendre à un ralentissement pour le deuxième trimestre consécutif, même si des études menées par le HCP laissent entrevoir une stabilisation du secteur pour la fin de l’année.

Le FMI prévoit un taux de croissance du PIB de 4,5 à 5% en 2011, soit l’un des taux les plus élevés de la région. Ces bons résultats ont été en partie rendus possibles par d’abondantes précipitations qui ont stimulé la saison agricole 2010-2011. En effet l’agriculture marocaine, qui contribue à hauteur de 13 à 17% au PIB national, demeure dépendante de la pluviométrie pouvant alors avoir des conséquences importantes sur la croissance économique globale. Le Ministère des finances table lui aussi sur une croissance globale de l’ordre de 5% pour 2011.

La bonne saison agricole a également contribué à faire baisser les taux d’inflation en réduisant le besoin d’importations de denrées alimentaires dans un contexte mondial de prix élevés. Le taux d’inflation annuel est alors à la baisse après avoir atteint un pic à 2,2% en août, passant à 0,8% en septembre puis à 0,4% en octobre. Le HCP table sur un taux d’inflation de 1,1% pour l’ensemble de l’année 2011 tandis que le FMI prévoit un taux légèrement plus élevé de l’ordre de 1,5%. Le taux de chômage est en légère hausse, atteignant 9,1% au troisième trimestre contre 8,7% au trimestre précédent et 9% à la même période en 2010.

Les prévisions du FMI concernant la croissance du PIB en 2012 sont semblables à celles de 2011 avec un taux de 4,5 à 5%. La saison agricole 2011-2012 s’annonce prometteuse au vu des précipitations des mois de septembre et de novembre qui, même si elles n’atteignent pas tout à fait le niveau de l’an dernier, restent tout de même au dessus de la moyenne des 30 dernières années. Toutefois, la croissance dépendra de la quantité et de la répartition des pluies au début 2012.

Selon le dernier rapport des services du FMI sur les consultations au titre de l’article IV, publié en décembre, l’économie marocaine a obtenu de bons résultats depuis la crise économique de 2008, ce qui serait attribuable à « plusieurs années de politiques macroéconomiques et de réformes politiques avisées ». Le rapport remarque cependant que le ralentissement économique en Europe- qui constitue, de loin, le premier marché pour les exportations ainsi que le premier marché touristique du royaume- pourrait influer négativement sur les perspectives de croissance. Il note également qu’il existe un espace budgétaire permettant au gouvernement de revaloriser les salaires et d’effectuer des dépenses supplémentaires pour maintenir les subventions sur les produits de base dans un contexte de prix élevé du pétrole. De plus, le rapport appelle le gouvernement à prendre des mesures pour mettre en place un système de subventions plus ciblé en 2012, notant qu’une augmentation des dépenses pourrait creuser le déficit budgétaire, pour atteindre jusqu’à 6% du PIB.

Enrayer le problème du déficit budgétaire est une des priorités du nouveau gouvernement du Maroc, constitué le 25 novembre suite à la victoire électorale du PJD. Le nouveau premier ministre, Abdelilah Benkirane, a déclaré peu de temps après les élections que le PJD comptait adopter le budget élaboré par le gouvernement sortant, en y apportant tout de même quelques changements.

Le parti espère, à terme, atteindre un taux de croissance du PIB de l’ordre de 7%, réduire le taux de chômage de deux points et ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB. Afin de réaliser ce dernier objectif, le parti compte réformer le système de subventions et élargir l’assiette fiscale, en augmentant par exemple les taxes sur les logements vacants et les produits de luxe. Il espère également que l’augmentation des taxes sur les logements vacants aura pour effet de décourager la spéculation immobilière et d’encourager une attribution de logements sociaux plus efficace. Afin de renforcer les petites entreprises, le PJD compte réduire certains impôts, par exemple ceux qui touchent les petits exploitants agricoles et les très petites entreprises, et entend attirer davantage d’investissements privés dans des projets de développement d’envergure en supprimant les obstacles bureaucratiques.

Au vu de cet ambitieux programme de réformes structurelles, le Maroc est bien parti pour traverser 2012 sans encombre, poursuivant la croissance enregistrée en 2011 tout en évitant la menace du ralentissement économique européen. (OBG)
 
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